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Séries israéliennes à découvrir

  Par Victoria Tedeschi

          Ton séjour Taglit avec Amazing Israël de cet été approche à grand pas ! Tu as donc quelques semaines pour te mettre à apprendre quelques mots d’hébreu, pour t’habituer à la sonorité de la langue et découvrir quelques expressions moins connues que « sababa ».

Cependant ne te fais pas d’illusion, même si ton « kama zé ? » est parfait, le vendeur du souk avec qui tu veux négocier le prix de ce super collier que tu as repéré, comprendra que tu es français avant même que tu aies ouvert la bouche. 

Pour commencer cet apprentissage accéléré, plusieurs solutions s’offrent à toi. Tu peux acheter un guide assimile, télécharger une application qui t’apprendra trois mots par jour ou suivre notre conseil et te plonger dans l’univers des séries israéliennes.


Un succès à l’international 

         Pendant de nombreuses années, pour ne pas dire depuis toujours, les anglo-saxons ont dominé le marché des séries mais depuis quelques années on assiste à un phénomène inversé : de nombreuses séries américaines sont aujourd’hui largement inspirées de programme israéliens à succès. Encore mieux, les séries israéliennes sont aujourd’hui vendues partout dans le monde et connaissent un franc succès. 

Ce succès est d’autant plus remarquable, qu’en terme de budget, les productions israéliennes ne disposent pas des mêmes moyens que les américaines. Mais malgré cette différence de taille, les scénarios israéliens, plus intimistes, rencontrent souvent davantage de succès auprès du public que leurs frères américains. En effet, disposant de moins de moyens, les scénaristes israéliens mettent l’accent sur les personnages et pour cela ils offrent davantage de place aux dialogues et permettent aux spectateurs européens et anglo-saxons de s’identifier à cette société moyen-orientale mais occidentalisée. 

         Depuis 2005, de nombreuses israéliennes sont sorties. Certaines sont très connues du grand public grâce au plateformes comme Netflix ou SFR VOD, d’autres beaucoup moins connues de notre côté de la Méditerranée. Alors quelle série est faite pour toi ?

BETIPOUL – Sur le divan du psy, mais chez toi (2005) 

La première création israélienne  à succès. Cette série raconte, en 80 épisodes de 30 minutes (3 séances), les séances de cinq patients chez leur psychanalyste Ruben. 

         Si le scénario peut paraitre comme ça un peu répétitif, les personnalités des cinq patients ainsi que le jeu des acteurs nous rend vraiment accro. Devant Betipoul, pour peu que tu sois un peu porté sur la psychologie humaine, bon public à l’humour décalé sur les névroses, tu ne t’ennuieras pas. 

Et pour preuve de son succès la série a été adaptée aux états-unis, en France puis en Belgique. Son succès auprès de sociétés de production étrangère peut s’expliquer par le fait qu’elle permettait d’en faire des adaptations littérales sans trop de modifications, en effet, les problèmes que l’on raconte à son psychanalyste étantrelativement similaires d’un pays à l’autre.

HATUFIM – Notre coup de coeur (2010) 

         Si tu es passionné de géopolitique, d’Histoire, de psychologie et si tu veux en apprendre davantage sur la société israéliennes : cette série est faite pour toi. 

Cette série est la première série israélienne qui a connu un énorme succès auprès de productions américaines puisqu’elle a été adaptée en la très célèbre série Homeland.  Hatufim (littéralement Prisonniers de Guerre)raconte le retour de deux soldats de Tsahalaprès plusieurs années de captivité en Syrie.

         Bien qu’ayant inspirée Homeland, Hatufim est vraiment différente de sa petite soeur américaine. En seulement deux saisons, le spectateur en connait davantage sur chacun des personnages que dans la production américaine. Les scénaristes israéliens soulèvent des aspects psychologiques beaucoup plus intenses que ceux légèrement effleurés par Homeland en sept saison.

BNEI AROUBA – HOSTAGES (2013) 

         Directement intitulé Hostages sur la plateforme Netflix, Bnei Arouba est le nouveau bébé de la télévision israélienne. L’intrigue annonçait au spectateur quelque chose de plutôt inédit et prometteur: une chirurgienneisraélienne sur le point d’opérer le Premier ministre, voit sa famille prise en otage. Les preneurs d’otages lui posent un dilemme : tuer le premier ministre en l’opérant ou voir sa famille exécutée. 

Si l’intrigue s’annonçait prometteuse, l’intrigue s’essouffle assez vite dès la première saison. En tant que spectateur, on éprouve des difficultés à s’identifier aux personnages – membres de la famille comme ravisseurs – . Par ailleurs, la saison 2 est quasiment déconnectée de la première, l’actrice principale n’ayant pas renouvelé son contrat avec la production. 

Cette série a cependant été achetée par la télévision américaine.

PILEPMIM TZEHOUBIM – Les poivrons jaunes (mais il ne s’agit pas de cuisine) 

Cette série, beaucoup moins connue du public français raconte en 26 épisodes l’histoire d’une famille qui élève un enfant autiste. Cette famille ne réside pas à Tel aviv ni à Jérusalem mais dans un Moshav (une communauté agricole coopérative).Il est très intéressant d’entrer à travers la vie de cette famille peu ordinaire dans l’univers actuel méconnu des moshav, dans lesquels vivent aujourd’hui à peu près 3% de la population israélienne. 

Cette série est particulièrement touchante et instructive quant à la perception de l’autisme par la société israélienne. Par exemple, on y apprend qu’en Israël certains intègrent l’armée dans des unités de renseignementen raison de leurs capacités d’analyse exceptionnelles. 

La série a été rachetée pour adaptation par la BBC qui en fera la version britannique : The A word. 

KFULIM – FALSE FLAG ( 2015 ) – La plus internationale des israéliennes

         Fan de thrilleret de film d’espionnage, Kfulim aussi appelée False Flagest probablement l’une des plus intéressante pour se rendre compte du cosmopolitismede la société israélienne actuelle. 

L’intrigue de ce thriller est la suivante : deux semaines après l’enlèvement du ministre de la Défense iranien dans un hôtel de Moscou, les autorités russes, vidéo de surveillance à l’appui accusent le Mossadet plus particulièrement cinq citoyens israéliens disposant d’une double nationalité (française, américaine, russe, britannique et grecque) d’être derrière les opérations. Les cinq protagonistes habitent à Tel aviv. La saison amène le spectateur às’interroger sur leurs implications respectives dans cet enlèvement, car si en apparence ils semblent tous innocents, certains détails de leurs comportements les trahissent. 

         Cette série est haletante chaque épisode met le spectateur dans la peau de l’inspecteur en chef du Shin Bet qui est chargé de décrypter les faits et le comportements des suspects.

FAUDA – CHAOS (2015) 

Probablement l’une des plus connues en raison de la co-production Netflix,Fauda met en scène le conflit israélo-palestinien à travers la lutte de soldats d’une unitéspéciale de Tsahal, : les mitsa’arvim.Des soldats qui de par leurs apparences, leurs capacité à parler arabe sans accent s’infiltrent au sein du Hamas.

Si ce n’est pas encore fait, cette série est à voir. Tout d’abord parce que de par leurs expériences dans des unités d’élite similaires, les deux créateurs de la série offrent au spectateur une vision impartiale et très réaliste du conflit israélo-palestinien sur le terrain et ensuite parce que le scénario est tellement prenant qu’il est difficile de lâcher son ordinateur. 

BISHVILA GIBORIM AFIM – Pour elle, volent les héros… (2018)

         Egalement co-produite par Netflix et plus connue sous le nom de When Heroes Fly. Cette série, inspirée d’un roman israélien d’Amir Gutfreund, raconte l’histoire suivante : Onze ans après s’être pour certains perdus de vue, quatre amis, anciens golanise rassemblent en Colombie pour une dernière mission : retrouver la soeur de l’un d’entre eux. 

         Cette série est très réussie car elle aborde les traumatismes dont peuvent souffrir certains soldats après leur service militaire, l’importance de celui-ci dans la société israélienne et la vie après avoir terminé l’armée. Elle rassemble tous les ingrédients qui font d’une série, une bonne série : des secrets, de l’action et une intrigue. 

Spectateur masculin ou féminin, cette série est faite pour toi si tu aimes l’Amérique latine mais que malheureusement ta mère ne te laissera jamais faire un voyage au fin fond de la jungle colombienne, si tu as envie d’entendre de l’hébreu sans que la série trait uniquement d’Israël. 

Note pour les spectatrices : les acteurs ne sont vraiment pas mal !

SHTISEL (2013) – Une famille à Jérusalem

        

 Cette série qui a connu un énorme succès et a été récompensée par plusieurs prix internationaux centre son intrigue sur la relation d’un père et de son fils cadet dans une famille de juifs haredimvivant dans le quartier de Geula à Jérusalem.

Cette série extrêmement réussie est extrêmement réussie car elle permet d’approcher l’ univers méconnu des juifs haredim qui font très peu souvent l’objet de films ou de livres. Si tu as adoré les livres de Naomi Rageanou que tu as juste envie de voir Jérusalem à l’écran, cette série est faite pour toi ! 

PS : Toujours aux spectatrices féminines, si tu as aimé Michaël Aloni dans When Heroes Fly, il joue aussi dedans et il est toujours aussi beau !

         En conclusion, aujourd’hui, plus rien ne semble aujourd’hui arrêter la fulgurante ascension des séries israéliennes à l’étranger. En terme de chiffre, en 2016, elles ont été exportées pour un montant proche des 300 millions de dollars

Victoria Tedeschi
Images : D.R.et JewBuzz


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